"Laisse pleurer ton bébé, sinon il va devenir capricieux..."
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Dernière mise à jour : il y a 31 minutes

Une phrase entendue encore si souvent entendue par les jeunes parents .
Souvent par les proches qui voient que les parents sont épuisés mais aussi par les professionnels qui conseillent de laisser pleurer les bébés qui ces derniers ne font pas leurs nuits.
« laisse pleurer ton bébé pour qu’il ne devienne pas capricieux » : une idée reçue à déconstruire
« Il faut le laisser pleurer, sinon il va prendre de mauvaises habitudes. »Cette phrase, encore très répandue, traverse les générations et peut profondément déstabiliser les jeunes parents. En tant que puéricultrice, il est important d’apporter un éclairage basé sur le développement du nourrisson et les connaissances actuelles.
Un bébé ne fait pas de caprices
Avant 2 à 3 ans, un enfant n’est pas capable de faire un caprice.Le caprice suppose une intention, une manipulation consciente de l’adulte pour obtenir quelque chose. Or, le nourrisson n’a ni la maturité émotionnelle ni les capacités cognitives pour cela.
Quand un bébé pleure, il exprime un besoin :
faim
inconfort
fatigue
douleur
besoin de contact et de sécurité
Le pleur est son principal moyen de communication.
Pleurer n’apprend pas à se calmer seul
Contrairement à une idée reçue, laisser pleurer un bébé ne lui apprend pas à gérer ses émotions.Un nourrisson ne sait pas s’apaiser seul : son cerveau est encore immature. Il a besoin d’un adulte pour réguler ses émotions.
Lorsque le bébé cesse de pleurer après avoir été laissé seul, cela ne signifie pas qu’il est apaisé, mais parfois qu’il s’est résigné, faute de réponse.
Répondre aux pleurs construit la sécurité affective
Répondre aux pleurs, ce n’est pas « céder », c’est sécuriser.
Un bébé qui se sent compris et rassuré développe :
une meilleure confiance en l’adulte
un attachement sécurisant
une capacité progressive à gérer ses émotions
Paradoxalement, ce sont les enfants qui ont été le plus accompagnés émotionnellement qui deviennent, plus tard, les plus autonomes.
Et le sommeil ?
La question des pleurs est souvent liée au sommeil.Il est important de distinguer :
les pleurs de décharge (courts, en présence de l’adulte)
les pleurs de détresse (intenses, prolongés, sans réponse)
Accompagner un bébé vers le sommeil peut se faire sans l’abandonner : présence rassurante, routine, voix douce, contact, adaptation au rythme de l’enfant.
Il n’existe pas de méthode universelle. Ce qui compte, c’est la cohérence, la sécurité et le respect du développement de l’enfant.

Le poids des injonctions parentales
Les parents sont souvent pris entre :
les conseils de l’entourage
les normes culturelles
les recommandations professionnelles
Cela peut générer culpabilité et doute. Il est essentiel de rappeler qu’écouter son bébé n’est jamais une erreur.
Le rôle de la puéricultrice
La puéricultrice accompagne les parents sans jugement, en expliquant :
le développement affectif et neurologique du bébé
les besoins fondamentaux du nourrisson
les alternatives respectueuses pour apaiser et accompagner
Chaque famille fait de son mieux avec ses ressources, sa fatigue et son histoire.
Laisser pleurer un bébé pour éviter qu’il devienne « capricieux » repose sur une croyance aujourd’hui dépassée.Un bébé a besoin de présence, de réponses et de sécurité pour grandir sereinement.
Répondre à ses pleurs, ce n’est pas l’empêcher de devenir autonome. C’est lui apprendre que le monde est un endroit fiable.


























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